QoS et offres de gros B2B : L’ARCEP mène l’enquête, l’AOTA se tient à sa disposition

2018 devait être l’année de la grande révolution sur le marché des télécoms B2B.

Mais faute de convictions pour la défendre, cette noble promesse n’engage que ceux qui l’ont pensé comme réaliste, tant les barrières subtilement érigées par l’opérateur dominant – Orange – sont nombreuses, donc longues et complexes à lever. Le planning souhaité pourrait ainsi s’en trouver largement dépassé et pénaliser une nouvelle fois le marché B2B, parent pauvre de la régulation française des télécoms depuis près de 20 ans.

Ce 8 janvier, l’ARCEP ouvre une enquête administrative sur deux sujets critiques (QoS production cuivre/BLOD et offres B2B d’Orange), et ceci juste après la publication définitive des analyses de marché. Pour rappel, ces analyses ont reçu un sérieux coup de semonce de l’Union Européenne face au manque de régulation asymétrique, preuve que le regard porté sur le marché B2B français n’était pas si juste qu’espéré, l’UE attendant en effet beaucoup plus dont une offre bitstream sur le réseau de l’opérateur dominant.

Il est particulièrement étonnant que le régulateur découvre que ce même opérateur dominant traîne des pieds pour développer l’accès à ses infrastructures au profit de la concurrence sur les sujets :

  • du génie civil : les membres de l’AOTA impliqués dans le déploiement de BLOD ou BLOM attendent par exemple l’accès aux mêmes informations que OBS (cartographie actualisée en temps réel des réseaux souterrains et aériens utilisables) promis dans les dernières analyses de marché
  • de l’accès de gros à la BLOM (FttH) : faute d’encourager la mise en production d’une offre de gros activée en lien avec le choix de laisser ce marché à des acteurs de gros dont l’émergence reste incertaine et longue, l’offre de revente d’accès FttH en marque blanche s’est imposée comme remède. Hélas, elle est totalement contraire même aux principes édictés par l’ARCEP qui se veut garante de la neutralité du net version française. Seule une offre de gros activée peut permettre en outre de répliquer la capillarité de l’opérateur dominant
  • de l’accès aux NRO souligné comme problématique dans les analyses de marché : l’ARCEP n’a pas encore donné de suite aux demandes répétées des acteurs membres de l’AOTA mais aussi à quelques collectivités qui ne peuvent répondre aux exigences en matière de clauses d’assurance tout à fait disproportionnées pour héberger des équipements actifs dans les NRO, points devenus essentiels pour activer la BLOM Orange. Des dizaines de millions d’euros d’investissements (déploiements de nouvelles fibres de collecte, achat d’équipements, etc) sont en attente à cause de cette barrière à l’entrée incompréhensible que Orange ne veut surtout pas faire évoluer pour limiter la concurrence de nouveaux entrants désireux de créer des offres sans doute plus innovantes que les siennes…
  • de l’accès aux RIP opérés par Orange et qui ne disposent pas, pour la plupart, d’offres de gros activés et subissent en toute logique un manque d’appétence des clients finals en attente d’une offre concurrentielle dense. Les contribuables s’en trouvent donc lésés et financent le développement du réseau d’un OCEN en premier lieu !

De toute évidence, les remèdes proposés par le régulateur sectoriel pour stimuler le marché B2B restent totalement inefficaces en l’état.

L’ARCEP semble se rendre compte tardivement que le choix de faire entrer de nouveaux acteurs nationaux sur le marché de gros n’était sans doute pas la bonne méthode alors qu’un tissu d’acteurs régionaux, pour beaucoup propriétaires d’infrastructures BLOD et/ou BLOM en AMII et clients des RIP locaux, permettrait de favoriser le dynamisme du marché B2B en sus de laisser les divers acteurs s’organiser pour créer des interconnexions entre eux afin de répondre aux projets d’envergure nationale proposés par les clients finals.

Ce dernier point est déjà en place entre la plupart des acteurs de l’AOTA et a démontré sa pertinence. Seule une offre de gros activée sur le réseau de l’opérateur dominant, par extension le plus capillaire, manque aujourd’hui pour faire décoller durablement ce marché.

Enfin, bon nombre d’opérateurs constatent des retards inquiétants de production de liens cuivre et fibre optique chez l’opérateur Orange. Dans le même temps, ces acteurs constatent que OBS (filiale de détail B2B de cet opérateur dominant) continue de produire – visiblement dans les temps – ses offres internes en sus de proposer des offres fondées sur sa BLOM. Des offres de détail que les opérateurs alternatifs ne peuvent donc pas répliquer à ce jour.

Une double peine pour les opérateurs alternatifs que l’AOTA considère comme totalement inacceptable du point de vue du droit de la concurrence.

L’Association étudie aujourd’hui toutes les options pour ouvrir durablement le marché B2B français à la concurrence en levant l’ensemble des barrières à l’entrée pour tous les acteurs désireux de se développer aux côtés des OCEN afin de répondre aux attentes des consommateurs professionnels et entreprises en pleine transformation numérique.

L’AOTA invite l’ARCEP à interroger l’ensemble de ses adhérents dans le cadre des enquêtes administratives initiées par ses services.

Adoption des analyses de marché ARCEP : L’AOTA n’entend pas rester inactive

L’AOTA a pris connaissance ce jour de l’adoption par l’ARCEP des décisions d’analyse des marchés du haut et du très haut débit fixe pour le cycle 2017 – 2020 après réception des observations de la Commission européenne.

Comme l’avait annoncé le Président Sébastien Soriano lors du GRACO du 12 décembre dernier, ces analyses n’ont que peu évolué face aux textes initiaux.

L’Association reste fortement mobilisée pour obtenir un accès activé à la Boucle Locale Optique Mutualisée (BLOM) de l’opérateur dominant, Orange, le plus capillaire du marché à ce jour. Les adhérents de l’AOTA ne peuvent accepter d’être réduits à de simples revendeurs de « box » Orange en marque blanche, cette offre de gros ne pouvant en aucun cas se substituer à l’accès en mode collecte activée (« bitstream »), seule approche technique permettant aux opérateurs commerciaux disposant de leur infrastructure de maitriser en toute autonomie la bande passante (Transit IP), l’adressage IP du client final, la QoS éventuelle, la gestion du matériel… et offrant la possibilité de proposer des projets multi-sites situés en zone AMII.

De même, le pari de l’ARCEP de faire uniquement émerger des offres de gros produites via le réseau Orange par des opérateurs de gros spécialisés pose de nombreuses questions quant à l’empilement de marges mais aussi d’intermédiaires techniques. La question de l’accès à l’ensemble de la BLOM Orange en ZTD, ZMD et zone RIP via ces offres de gros est également un point d’inquiétude tout comme le planning pour disposer de cet accès.

C’est la raison pour laquelle la production d’une offre d’accès activé à la BLOM de l’opérateur dominant reste aujourd’hui attendue par la majorité des opérateurs de proximité en complément d’offres de gros alternatives produites par un écosystème d’opérateurs spécialisés à l’échelle régionale ou nationale.

L’AOTA tient à saluer le travail de l’Autorité de la Concurrence et de l’Union Européenne, toutes deux ayant invité le régulateur sectoriel français à imposer la production d’une offre activée pour le marché entreprise.

L’Association étudie dorénavant pour ses adhérents toutes les possibilités pour que ceux-ci disposent d’un accès activé au réseau national d’Orange en zone AMII comme dans les zones dans lesquelles Orange opère des RIP passifs.

Analyses de marché : l’Union Européenne soutient le lancement d’offres activées

C’était une demande répétée de nombreux acteurs depuis plusieurs mois et force est de constater qu’elle a été entendue jusqu’à Bruxelles : la production d’offres activées par l’opérateur dominant français pour les opérateurs alternatifs du marché B2B.

L’Union Européenne vient en effet de rendre son avis suite aux analyses de marché ARCEP. Dans celui-ci, mis en ligne publiquement par l’UE et relayé par l’AOTA, il est notamment question de « l’absence d’offres d’accès bitstream sur le segment professionnel du marché de détail ».

Consciente des quelques avancées proposées par le régulateur sectoriel français, la Commission Européenne semble toutefois insatisfaite de celles-ci puisqu’elle « observe qu’Orange a toute latitude pour adapter ses offres actuelles de co-investissement et de location de ligne de manière à permettre aux opérateurs souhaitant desservir le segment professionnel du marché de détail du haut débit d’exercer leurs activités d’une manière économiquement viable. Les informations actuellement disponibles ne permettent pas de déterminer avec certitude si une modification des conditions tarifaires pourrait effectivement avoir l’effet escompté. Si les barrières à l’entrée sur le marché de gros de l’accès central restent élevées malgré l’existence de nouvelles offres d’accès passif et si les opérateurs ne commencent pas à proposer des offres de gros d’accès actif diversifiées, comme l’envisage l’ARCEP, la Commission réitère son observation formulée dans le cadre de la précédente analyse de marché invitant l’autorité à reconsidérer l’imposition d’une obligation de fournir des produits d’accès sur fibre de type bitstream, au moins dans les zones où d’autres produits d’accès ne sont pas économiquement viables.« 

Dans la continuité des demandes en faveur d’une régulation asymétrique plus importante formulées précédemment, l’Union Européenne milite pour un marché français largement plus concurrentiel et en particulier sur le segment des entreprises. Cette demande passe par une capacité pour les opérateurs régionaux de répliquer les offres de détail actuellement proposées par l’opérateur dominant sur l’ensemble des zones ouvertes à la commercialisation.

Ces dernières semaines, des voix s’étaient élevées – telle que celle de la Députée Hennion – pour réclamer un changement de paradigme au sein du régulateur, arcbouté sur une instable position d’ouverture du marché de gros sans toutefois donner au préalable un accès large et générique au réseau FTTH de l’opérateur dominant, héritier du domaine public national des télécommunications, et qui est donc le plus capillaire in fine.

L’AOTA espère désormais que le régulateur sectoriel français prendra acte de cette position afin d’apporter aux opérateurs régionaux la capacité à accéder à l’ensemble du réseau de l’opérateur dominant par le biais de collectes activées nationales, régionales et locales (au NRO) pour stimuler un marché parent pauvre de la régulation depuis près de deux décennies.

QoS or not QoS : Le FTTH peut-il supporter une qualité de service renforcée ?

Le titre de cet article évoque à lui seul une difficulté opérationnelle à venir pour les opérateurs de boucles locales optiques mutualisées : répondre à la volonté du régulateur d’offrir des services à qualité de service renforcée (GTI et/ou GTR de quelques heures en horaires ouvrés) sur une infrastructure conçue à l’origine pour être mutualisée de bout en bout.

Pour rappel, en France, c’est une mutualisation au plus près de l’abonné qui a été retenue et non une mutualisation globale au NRO. Ce qui n’est pas sans créer de nombreux points de défaillance potentiels (voir ci-dessous) et autres incidents de sécurité.

En ZTD (une centaine de communes), le point de mutualisation (PM) de l’opérateur se trouve en pied d’immeuble ce qui réserve son lot de surprises parmi lesquelles les impossibilités d’accéder aux parties communes pour les techniciens des opérateurs empêchant de facto ceux-ci de tenir une GTR forte (4H ouvrées ou 24×7), ou encore la dégradation du PM lorsque celui-ci est mal sécurisé.

En ZMD, le PM déployé par Orange ou SFR se trouve généralement en armoire de rue. Si l’on s’en tient à la réglementation, ces PM devaient être initialement d’une taille de 1000 lignes mais l’exception est devenue la règle et toutes les villes ont ainsi vu pousser des armoires de 300 lignes. Ces armoires aux multiples intervenants sont autant de points de vulnérabilité dans le réseau et de nombreux cas remontés par les forums et autres réseaux sociaux le prouvent régulièrement (voir également ici).

Dans les zones de RIP, selon le concepteur et/ou exploitant retenu, les PM sont parfois mieux protégés (shelters bétons) et sont adossés à un NRO ce qui permet en outre une plus grande souplesse pour les opérateurs qui souhaitent activer les lignes passives sans supporter le coût d’un lien de transport NRO-PM. Hélas, des adhérents de l’AOTA ont constaté que ce modèle n’était généralement pas retenu dans certains territoires qui se sont attachés les services d’un OCEN pour construire et exploiter leur RIP, répliquant ainsi le modèle courant dans les ZMD propice à créer une barrière technique et économique tant ces armoires sont nombreuses.

  • Quelle architecture fibre propose la meilleure qualité de service aux entreprises ?

Entre le FTTH (fibre mutualisée avec ou sans qualité de service renforcée), le FTTE (fibre dédiée mais fondée sur le réseau mutualisé) ou le FTTO (fibre point à point dédiée), de toute évidence, le FTTO restera la norme en matière de qualité de service optimale pour beaucoup d’entreprises recherchant une Garantie de Temps de Rétablissement (GTR) forte de 4 heures ouvrées minimum.

Une GTR étant une obligation de résultat générant des pénalités pour l’opérateur lorsque celle-ci n’est pas respectée, elle nécessite une organisation très spécifique d’où la différence de coûts face une offre ne disposant pas de GTR ou d’une simple GTI (Garantie de Temps d’Intervention), à l’opposé d’une offre intégrant une GTR de 4H ouvrées mini. 

Le FTTE (fibre dédiée empruntant les câbles de la BLOM et soudée au PM) pourrait apporter une réponse plus efficace économiquement. Il n’en reste pas moins qu’il empruntera des câbles et des armoires (ZMD, RIP) ou boitiers (ZTD) prévus pour l’infrastructure BLOM traditionnelle. Les premières offres fondées sur cette architecture arriveront début 2018 sur le marché.

Comme le démontre le schéma ci-dessus, le réseau FTTH – avec ou sans garantie de service « renforcée » – comportera en l’état trop de points de défaillance possibles qui ne pourront pas permettre d’assurer une GTR forte (4H maxi) aux utilisateurs finals. La recherche des responsabilités ainsi que la mise en œuvre d’une solution de rétablissement prendra un certain temps dans le cas de réseaux mêlant plusieurs intervenants, c’est pourquoi certaines entreprises ne pourront se contenter de ces offres « best effort ». L’AOTA appelle sur ce dernier point ses adhérents à faire preuve de pédagogie dès à présent auprès de leur clientèle.

Si elle soutient une nécessaire amélioration technico-économique des offres pour les entreprises à commencer par les plus petites, l’AOTA sera également très attentive aux incidents de production rencontrés par ses opérateurs adhérents qui décideront de proposer des offres FTTH à qualité de service renforcée. L’enjeu étant de ne pas léser les utilisateurs finals dont le contrat intègre une GTR minimale, pouvant s’avérer intenable en raison d’une infrastructure inadaptée à un délai de remise en état court.

Bon à savoir : Les 5 bonnes raisons de faire appel à un opérateur régional

Trop souvent, les idées reçues laissent entendre que les petites structures ne sont pas les plus légitimes pour produire un service de commodité tel que l’accès Internet, besoin devenu critique du monde économique.

Preuve en est avec les Opérateurs Commerciaux d’Envergure Régionale (OCER) salués récemment par un rapport de l’Assemblée Nationale, cette idée reçue n’a pas lieu d’être.

Voici les raisons pour lesquelles les opérateurs régionaux sont aujourd’hui incontournables et affichent des taux de fidélisation de clientèle relativement importants…

  • Idée reçue 1 : Ils sont « petits » 

Oui, et justement, la taille humaine des opérateurs de proximité – eux-mêmes étant des TPE ou PME – est un réel atout dans la relation avec la clientèle, à l’opposé d’acteurs d’envergure nationale qui perdent souvent le lien avec le client en sus d’alourdir amplement les coûts de structure (et de facto répercuter cela sur les tarifs proposés aux clients finals). Un opérateur régional impliqué dans la vie économique des territoires fournira toujours un service réactif avec toute l’attention nécessaire permettant de comprendre le besoin du client pour le conseiller au plus juste sans exploser les coûts.

  • Idée reçue 2 : Ils ne sont pas aptes à fournir un service de qualité

Ah bon ? Au contraire, les membres de l’AOTA disposent tous d’infrastructures en propre (AS/IP, cœur de réseau, collectes et/ou fibre noire en propre et parfois même data center). Chaque opérateur dispose de sa propre politique pour acheter de la bande passante (transit IP) de qualité et réaliser des interconnexions publiques et privées via des points d’échange (peering) afin d’assurer une qualité de connectivité optimale.

Les compétences de haut niveau des équipes techniques (et commerciales) sont également un atout de taille. En ayant des profils multi-compétences, le client final a la garantie d’un conseil avant-vente de grande qualité et d’un suivi de projet le plus efficace possible sans subir les méandres de supports déshumanisés incapables de traiter un incident dans le temps contractuellement imparti (et souvent garanti).

Pour les projets critiques nécessitant par exemple une astreinte 24×7, le client final trouvera la encore des processus clairs et simples pour joindre son prestataire dans les meilleures conditions.

  • Idée reçue 3 : Ils ne sont pas solides financièrement

L’un des opérateurs adhérent AOTA est par exemple présent sur le marché français depuis 1995. D’autres, depuis 2000, 2004 ou même pour les nouveaux entrants, depuis plus de deux ans et se portent tous aujourd’hui très bien !

En cas d’incident d’ordre économique, l’adhérent AOTA peut – s’il le souhaite – faire appel à ses confrères pour garantir la continuité de service attendue par le client final. C’est aussi ça les opérateurs à taille humaine : accompagner les clients dans toutes les situations en faisant appel aux confrères.

  • Idée reçue 4 : Ils vont augmenter les prix une fois qu’ils seront plus gros

Argumentaire préféré des commerciaux qui privilégient leur marge au risque de diffuser des arguments fantaisistes, les opérateurs régionaux suivent scrupuleusement les prix du marché en faisant parfois même (beaucoup) mieux si l’infrastructure mobilisable pour délivrer le service est économiquement intéressante.

Ainsi le client final profite d’une offre performante techniquement et économiquement qu’il pourra faire évoluer comme bon lui semble, à son rythme.

Par ailleurs, la régulation française menée sous l’égide de l’ARCEP travaille pour que les prix des services télécoms deviennent plus accessibles aux TPE et PME. Par conséquent, la tendance est au contraire à ce que les décisions réglementaires permettent à la concurrence de se développer (et donc aux tarifs d’être optimisés) plutôt qu’à voir les tarifs exploser car le marché ne serait aux mains que de 2 ou 3 gros acteurs dominants.

  • Idée reçue 5 : Ils ne savent pas livrer du service partout

Soyons sérieux. Notre métier, c’est justement de connecter le monde et c’est pourquoi certains opérateurs régionaux offrent des services internationaux jusqu’au bout du monde s’il le faut.

Mission Couverture THD : Les OCER mis en lumière par un rapport parlementaire

L’accès au très haut débit fixe et mobile est devenu une des toutes premières préoccupations des Français, témoignant ainsi combien l’usage du numérique est devenu essentiel dans chaque foyer et chaque entreprise.

Un rapport publié le 27 septembre et réalisé à la suite d’une mission « flash » d’information parlementaire pilotée par les Députés De la Raudière et Bothorel, rappelle l’impératif d’une égalité d’accès aux réseaux qu’ils soient fixes ou mobiles.

Ce document – auquel l’AOTA a contribué – a d’abord l’ambition d’être un guide pédagogique, puis d’exprimer la position des parlementaires de la commission des affaires économiques, dans un contexte de fortes turbulences des relations entre tous les acteurs, publics comme privés, responsables de réseaux de communications électroniques.

Lorsque les réseaux fixes et mobiles n’offrent pas le même niveau de service partout, la fracture numérique devient une fracture d’accès aux services et se transforme en une inégalité incompréhensible et insupportable pour les citoyens.

  • Objectif 100% FTTH / FTTE / FTTO

À mesure que les performances de connexion augmentent, les besoins des particuliers augmentent également. Cette dynamique se confirme ces dernières années : l’arrivée du très haut débit a amplifié les usages liés à la vidéo sur internet, à la consommation de musique en streaming ou encore à l’utilisation de services en ligne (banques et assurances, achats en ligne, accès aux services publics). En outre, la transition numérique de nombreuses très petites, petites et moyennes entreprises dépend d’infrastructures efficaces et d’offres professionnelles de connectivité à coût abordable. Les rapporteurs souhaitent, sur ce dernier point, qu’une mission complémentaire à celle qu’ils ont menée puisse approfondir les mesures à mettre en œuvre pour que les entreprises traditionnelles puissent tirer bénéfice de la révolution numérique en cours.

La mission d’information a notamment mis en lumière les opérateurs régionaux et salué le travail de ceux-ci au contact des TPE-PME et du grand public également. Cette reconnaissance marque un réel tournant pour les adhérents de l’AOTA et leurs confrères issus de toutes les régions.

Au fil des pages, Mme Laure de La Raudière et M. Éric Bothorel mettent aussi en avant le risque que des solutions technologiques transitoires ne finissent par devenir une réalité pérenne pour une partie des citoyens et des entreprises, pour lesquels l’arrivée de la fibre optique deviendrait illusoire. Cette situation ne serait pas acceptable dès lors que les besoins en très haut débit – à qualité de service identique – sont les mêmes quels que soient les territoires.

C’est la raison pour laquelle les parlementaires pensent qu’il faut désormais que l’État garantisse que la fibre optique sera bien accessible à 100 % des Français et du monde économique à l’horizon de 2025.

L’Association salue le travail conséquent réalisé par les Députés et tient à les remercier pour les propositions pertinentes présentes dans ce rapport mis à la disposition de tous.

Agenda : Rencontrez l’AOTA au mois de septembre

Dans le cadre de sa mission de représentation de ses adhérents, l’AOTA sera auditée le 5 septembre à l’Assemblée Nationale par la mission d’information sur le Plan France Très Haut Débit pilotée par les députés Laure de la Raudière et Eric Bothorel.

Le 14 septembre, l’association convie ses adhérents à une Assemblée Générale Extraordinaire suivie d’un workshop (équipementiers, opérateurs de gros, éditeurs, etc). Pour vous inscrire, merci de contacter le Président ou Secrétaire.

Le lendemain, 15 septembre, l’AOTA sera représentée par plusieurs membres au FRNOG, lieu de rendez vous incontournable des professionnels des réseaux IP et télécoms en France. L’AOTA prendra d’ailleurs quelques minutes pour présenter ses objectifs à l’audience de l’évènement bi-annuel.

Nous espérons vous voir à cette occasion !

De nouveaux opérateurs rejoignent l’AOTA

Lors de sa réunion mensuelle, le CA de l’AOTA a validé les demandes d’adhésions de nouveaux opérateurs.

Nous souhaitons donc la bienvenue à Diatem, LaSoTel, Options Services et Ovea qui rejoignent l’association portant à près d’une trentaine le nombre d’opérateurs commerciaux d’envergure régionale ou multi-régionale fédérés.

Analyses des marchés fixes : Quelle déception !

Après moultes consultations, auditions et concertations, l’ARCEP a rendu ce jour les principales conclusions de ses analyses des marchés fixes.

Outre son incapacité à réparer les erreurs du passé, l’AOTA constate avec beaucoup de regrets que le régulateur n’a pas pris en compte ses demandes répétées de production d’une offre FTTH activée nationale par l’opérateur dominant. Elle prend le risque de fragiliser une multitude d’acteurs du marché, multitude que la régulation n’a jamais su valoriser comme il se doit.

Au lieu de cela, elle pense « permettre à un foisonnement d’opérateurs entreprises de détail d’innover en s’appuyant sur ce marché de gros ainsi que sur une option de revente des offres de détail FTTH d’Orange ». Le régulateur préfère donc que les opérateurs commerciaux d’envergure régionale ou multisectoriels deviennent de simples revendeurs d’Orange ou ne se contentent d’acheter des prestations à un nouvel entrant sur le marché de gros qui ne dispose d’aucune contrainte particulière en matière de tarifs.

Pour une Autorité dont le Président n’a de cesse de se faire le chantre de la neutralité du net et de la régulation des GAFA dans les médias, outre un manque évident de connaissance fine du tissu d’opérateurs alternatifs et de leur contribution locale à l’aménagement numérique, force est de constater un manque de courage flagrant lorsqu’il s’agit de s’attaquer à la position écrasante de l’opérateur historique, héritier du domaine public national des télécommunications dont il conviendrait d’engager la séparation fonctionnelle et structurelle à l’instar de BT et Open Reach au Royaume-Uni.

Cette neutralité et par extension ce dynamisme était justement garantie en France par une concurrence capable de collecter des accès activé à l’échelle régionale ou nationale pour produire ensuite des services numériques fondés sur des infrastructures performantes et indépendantes.

En offrant uniquement un accès FTTH en mode revente (marque blanche opérateur) et non en offre activée (incluant desserte+collecte avec livraison à l’opérateur tiers des flux sur son réseau), des centaines d’opérateurs tiers disposant de leur infrastructure (cœur de réseau, collectes RIP activées, BLOD ou BLOM locale) devront non seulement faire cadeau de leurs clients finals à Orange en sus de ne plus pouvoir maitriser la bande passante sur leur réseau ni même l’équipement opérateur chez le client. S’il s’agissait de renforcer le pouvoir dominant de l’opérateur historique et de brider l’innovation, on ne s’y prendrait pas mieux !

Ce n’est pas le rôle du régulateur de décider quelles offres doivent être produites pour quelles cibles d’abonnés. Ni même de choisir quel grossiste pourra les fournir mais de permettre à tous les acteurs de disposer d’une large palette d’offres, incluant l’accès au réseau de l’opérateur dominant.

Cette analyse n’en est pas une. Elle omet le rôle décisif des opérateurs commerciaux d’envergure régionale nés avec les RIP activés et pour les plus anciens, avec le bitstream de l’opérateur dominant, permettant de proposer au marché B2B des services numériques complets, bon marché avec un accompagnement personnalisé particulièrement apprécié par le monde économique.

Elle ne prend pas en compte les attendus des opérateurs alternatifs qui ont marqué à de nombreuses reprises ces derniers mois leur vif intérêt pour accéder à des offres activées. L’AOTA espère que l’ARCEP contribuera à rendre plus lisible et plus accessible l’offre d’hébergement d’équipements dans les NRO d’Orange pour ses adhérents désireux d’activer localement la BLOM (FTTH) ou BLOM durcie (FTTE).

L’AOTA prend acte de l’ensemble des conclusions. L’Association entend désormais saisir l’Autorité de la Concurrence face à cette erreur d’analyse tragique pour le marché français des télécoms.