Offres de gros : Collecte activée ou marque blanche, quelles sont les différences techniques ?

Marque blanche ou collecte activée ?

Le choix de la régulation est de ne pas ouvrir le réseau de l’opérateur dominant par le biais d’offres de gros FttH activées (collecte). Pour répondre aux nombreuses questions posées, l’AOTA a donc voulu faire le point sur ce sujet.

  • Qu’est ce que la collecte activée ?

La collecte activée (« bitstream ») consiste à réaliser une interconnexion physique entre le réseau de l’opérateur d’infrastructures et celui de l’opérateur alternatif à l’échelle locale au NRO ou régionale voire nationale depuis un POP de l’opérateur d’infras, ce qui permet de maîtriser une large partie de la chaîne de production des accès (transport, transit IP, etc). Le routeur client étant installé et opéré par l’opérateur qui possède le contrat avec le client final.

C’est le meilleur modèle technique pour assurer une qualité de service parfaite en sus de pouvoir produire des services à valeur ajoutée. Des acteurs tels que Free ont émergé grâce au bitstream et ont prouvé leur capacité à mixer accès activés avec l’investissement dans la construction d’un réseau fixe en propre.

  • Qu’est ce que la marque blanche implique techniquement ?

La marque blanche consiste pour l’opérateur à commander une liaison à l’opérateur d’infrastructure que celui-ci va produire en rencontrant le client final de l’opérateur alternatif et en installant ses équipements réseau. L’opérateur alternatif doit alors livrer son client final à l’opérateur d’infrastructures en perdant au passage toute la valeur technique d’une offre de collecte activée puisqu’il ne maîtrise plus la majeure partie de la chaîne technique.

La condition d’une simili-maîtrise de l’accès par l’opérateur alternatif pourrait être d’empiler son propre routeur derrière la box en marque blanche et créer un tunnel vers son réseau en passant par Internet au risque toutefois de dégrader sensiblement la performance de l’accès en terme de latence, de débit ou encore de disponibilité du service.

Ainsi, pour reprendre ces tunnels sur son réseau, l’opérateur alternatif devra non seulement acheter des connexions sans valeur technique réelle à Orange mais aussi vraisemblablement renforcer son interconnexion directe (peering privé) avec le réseau de celui-ci dont la politique de peering est notoirement fermée… sauf à le rémunérer pour acheter des liens de peering privé. Curieuse conception de la neutralité du net que l’ARCEP encourage à travers cette production d’offre en marque blanche.

L’AOTA défend pour sa part une large ouverture et défend la neutralité pour favoriser l’émergence de startups et autres acteurs alternatifs.

 

L’AOTA entend demander à l’ARCEP de prendre en compte dans son enquête administrative les conditions d’interconnexions entre les opérateurs clients de l’offre en marque blanche d’Orange et le réseau national d’Orange. Le régulateur comprendra au cours de cette enquête que ce modèle de revente en marque blanche n’est pas le bon pour préserver, outre la neutralité du net, un tissu d’opérateurs indépendants techniquement, capables d’agir au plus proche du monde économique, lui-même de plus en plus convaincu de l’intérêt de s’adresser aux acteurs à taille humaine.